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À NOUS DEUXPremière PartieChapitre O3

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[ Aidan ]

Le soleil envahit mes yeux violemment, Andreas a sûrement ouvert les rideaux. Quelle heure est-il ? Oups, onze heures. Et dire qu'hier je lui ai presque promis qu'on allait faire autre chose que de rester enfermés ici... Allez, il faut que je me lève. Je pousse les couvertures avec mes jambes jusqu'au bout du lit, puis je pose mes pieds sur le tapis moelleux au sol. Je reste quelques minutes comme ça, assis sur le lit. Quand je décide d'enfin me lever pour me rendre à la salle de bains, je m'aperçois que celle-ci est occupée. J'entend ensuite le bruit de l'eau, comme si elle venait de commencer à couler – mais la douche est en marche depuis... avant mon réveil. Bon, je vais aller faire une petite surprise à mon Andychou (je sais, ça sonne enfant... mais on aime bien se donner de drôles de surnoms, et on garde toujours notre c½ur d'enfant, non ?).

J'entre dans la salle de bains tout doucement, sans faire de bruit. Je me glisse ensuite dans la douche, tout aussi silencieusement. Andreas ne m'a pas vu ; il est sous le jet d'eau, dos à moi. Je m'approche félinement de lui et je viens poser mes mains sur ses hanches pour ensuite me coller à lui. Mon torse s'accote délicatement contre son dos mouillé, faisant contraster la température de nos deux corps.

Comme s'il venait juste de remarquer ma présence, il se retourne pour être face à moi, plongeant ses magnifiques yeux azur dans les miens. Nos visages sont tout près l'un de l'autre, attendant que l'un de nous fasse un quelconque mouvement. Ne pouvant plus attendre, je laisse ma bouche retrouver la sienne dans un long baiser langoureux qui fait maintenant place aux caresses – lui qui laisse ses mains aller et venir allègrement entre le bas de mon dos et mes fesses, moi qui vient poser mes bras autour de son cou, effleurant au passage sa nuque de mes doigts.

J'enroule mes jambes autour de sa taille, tandis qu'il me soulève et vient me plaquer contre la paroi de la douche. Le carrelage froid vient à peine me refroidir. J'ai chaud. Il me donne chaud. La simple vue de son magnifique corps fait grimper ma température ; imaginez ce que c'est lorsque je le sens s'enfoncer en moi. Délicieux.

* * *

Après une longue douche qui devait durer... la moitié du temps que nous y avons passé, nous nous sommes préparés pour la fête de ma mère, que j'avais, comme qui dirait, oubliée. Nous sommes maintenant sur la route, Andreas au volant. Mes parents habitent à une heure de la maison, distance parfaite, si vous voulez mon avis. Pas que je ne les aime pas, mais ma mère a tendance à s'imicer dans ma vie personnelle trop souvent. Avant que je ne rencontre Andy, il y a cinq ans, elle me présentait sans arrêt aux filles de ses amies. Comme si elle pensait que je redeviendrais automatiquement hétéro ! Je vais vous dire, elle se mettait le doigt dans l'½il jusqu'au coude. Je lui ai d'ailleurs bien fait comprendre en m'arrangeant pour qu'elle m'entende baiser avec un autre homme – qui n'était pas laid, si mon souvenir est bon. Je dois dire qu'à vingt-et-un ans, je cherchais à la confronter plus qu'autre chose. Enfin bref, passons.

Entre temps, nous nous sommes arrêtés dans une petite boutique d'artisanat pour acheter le cadeau de ma mère : six beaux plats à pâtes, tous différents, s'agençant toutefois. Elle devrait être contente ; à chaque fois qu'elle va à l'anniversaire de sa s½ur et qu'elle reçoit de la vaisselle, elle me casse les oreilles en me disant qu'elle aimerait bien avoir la même chose que ma tante. Eh bien, elle va les avoir, ses plats.

* * *

La porte, après quelques secondes d'attente, vient finalement s'ouvrir, nous laissant apercevoir mon père et ma mère dans leurs vêtements parfaitement agencés. J'ai oublié de le mentionner ; ma mère a la fâcheuse manie de vouloir coordonner ses vêtements à ceux de mon père. Agaçant... Bon, il faudrait peut-être les saluer !

Aidan : Salut ! Bonne fête maman !
Lynn : Merci mon chéri. Bonjour Andreas !
Andreas : Bonjour. Bon anniversaire, madame Strauss !
Lynn : Merci. C'est gentil !
Jörg : Bon, vous voulez entrer, les garçons ?
Aidan & Andreas : Bien sûr!

Vingt-six ans, et mon père continue de nous appeler « les garçons ». À chaque fois, ça me fait rire ! Enfin, passons. Andreas et moi entrons dans la maison, pour ensuite longer un corridor nous menant au salon. Je dois avouer que je suis surpris de voir mon frère déjà arrivé, et surtout, avec une fille. Quand il ne s'agit pas de coups d'un soir, ça dure rarement jusqu'à la rencontre avec les parents ! Elle a de longs cheveux bruns qui lui arrivent en bas des épaules et elle porte une petite robe d'été blanche ornée de motifs floraux rouges. Je ne m'éterniserai pas sur la description de cette demoiselle, parce que les femmes, ce n'est pas mon fort.

Evan : Salut le frère !
Aidan : Hey ! Ça fait un moment qu'on t'a vu à la maison, hein ?
Evan : Oui, mais il faut dire que j'étais très occupé avec mon travail...
Andreas : Par le travail, ou par cette jolie demoiselle ?
Sophia : Mmm, non, je confirme, c'était le travail.

Éclat de rire général. L'ambiance est légère, pour une fois. Il faut dire que mes parents sont tous deux à la cuisine... Mais bon, tout va bien, ne cherchons pas d'embrouilles. Ma mère vient nous rejoindre, resplendissante dans sa jupe blanche et son chemisier vert pomme.

Lynn : Désolé de vous déranger, mais je viens vous enlever Evan. Chéri, tu viens nous aider ?
Evan : Oui, maman.

Mon frère se lève de son fauteuil et disparaît dans la cuisine. Nous sommes maintenant seuls – Andreas, Sophia et moi. Bon, pourquoi ne pas apprendre à nous connaître ?! Je ne veux pas passer pour un sauvage qui ne parle seulement qu'à ses proches – rires.

Aidan : Alors, Sophia... Ça fait longtemps que tu es avec Evan ?
Sophia : Ça va bientôt faire sept mois.
Aidan : Wow. Tu fais partie des rares à avoir passé le cap des deux mois !
Sophia : Eh bien, je vais le prendre positivement !
Andreas : T'inquiètes, c'est ce qu'il voulait dire. Il aime bien taquiner les copines d'Evan.
Sophia : J'en prends note. Et sinon, tu es le frère d'Evan et d'Aidan ? Il ne m'a pourtant parlé que d'un...
Andreas : En fait, je suis le copain d'Aidan.
Sophia : Ah, euh... Pardonnez-moi.
Aidan : Ce n'est rien. Je dois dire que ça arrive souvent ! Evan parle de moi mais pas du fait qu'il ait un frère gay. Mais bon, je ne lui en veut pas. En fait, je crois qu'il a toujours trouvé ça étrange...
Sophia : C'est dommage. Moi, je suis contente pour vous. Si vous êtes heureux ensemble, pourquoi chercher des problèmes ?
Andreas : Ça prendrait plus de personnes comme toi sur la terre !
Sophia : N'empêche que je dis seulement ce que je pense. Et ça dure depuis longtemps, votre histoire ?
Aidan : Cinq ans.
Sophia : Wow. Honnêtement, je n'ai eu aucune relation aussi longue ! Et c'est quand même plus simple de trouver quelqu'un lorsqu'on est hétéro... Enfin, je trouve ça mignon. Et surtout, ça montre qu'il suffit d'aimer pour que ça marche.
Andreas : Oui, en effet. Quand on aime, tout est possible.
Aidan : Mmh, je t'aime.
Andreas : Moi aussi mon c½ur.
Sophia : Là, je suis attendrie.

Ensemble, nous rions de bon c½ur. Je pense que je vais bien m'entendre avec elle ! C'est une des seules copines d'Evan qui me semble avoir un minimum d'intelligence et de bon sens. Quoi qu'il en soit, j'espère qu'il la gardera, celle-là ! Je commençais à être plus qu'agacé par les petites jeunettes sans cervelle qu'il me présentait chaque mois, si ce n'étais pas plus souvent. Je pense qu'il a enfin trouvé quelqu'un avec qui il s'entend parfaitement, tout comme nous, d'ailleurs. La conversation se poursuit sur un ton assez léger, enchaînant les questions d'usage du genre « Et toi, qu'est-ce que tu fais comme travail ? ». Je suis plutôt ravi que le dialogue soit maintenant porté sur le travail, parce que le mien me passionne et j'aime bien le faire découvrir aux gens. Plusieurs d'entre eux pensent que mon emploi se limite à écouter mes patients en hochant la tête et en relançant l'entretien avec quelques questions bien placées, mais il n'en n'est rien de cela. Je ne fais pas que les écouter, je cherche des solutions à leurs problèmes tout en les réconfortant du mieux que je peux, en restant toutefois dans l'honnêteté. Mes parents arrivent dans le salon avec Evan, nous annonçant que le repas est prêt. Ça tombe bien ; je commençais à avoir faim, tout comme les autres, je pense.

* * *

Aidan & Andreas : Bye tout le monde !

Nous voilà partis, après avoir salué tout le monde. Sophia et moi avons échangé nos numéros de portable ; elle disait que si elle avait un jour besoin d'un psychologue, elle viendrait me voir. C'est gentil de sa part, quoiqu'un peu étrange. Mais bon, elle voulait bien faire. Après tout, c'était la première fois qu'elle était présentée à la famille. Je pense qu'à sa place, j'aurais fait la même chose. Et qui sait, peut-être qu'elle a vraiment besoin d'un psy. Non pas qu'elle m'a semblé curieuse, mais, au fond de nous, on a tous une partie sombre, un côté caché. Certaines personnes arrivent à l'oublier complètement, et d'autres se sentent hantées par ce côté qui essaie de resurgir d'eux-mêmes. Mais, encore une fois, je ne veux pas dire qu'elle a un côté obscur ou quoi que ce soit d'autre. En fait, ce que je voulais vraiment dire, c'est qu'il arrive, à un moment ou à un autre de notre vie, que l'on se sente seul et que l'on ait besoin de parler. Pour l'instant, je pense que je vais arrêter de trop réfléchir, parce qu'Andreas fait une drôle de tête... je dois m'être trop concentré sur ce à quoi je pensais et j'ai du faire quelques gestes en « me parlant ». Ça m'arrive quelques fois. Je suis tellement absorbé par mes pensées que je suis en plein dialogue avec moi-même et que je fais de petits gestes et certaines mimiques. Mais bon, ça n'arrive pas qu'à moi.

Andreas : À quoi tu penses, mon amour ?
Aidan : À ce soir... on mange quoi ?

Mensonge. Mais je n'ai pas envie de lui avouer que je pensais encore à quelque chose de lié à mon travail. Il y a quelques temps, il m'a fait clairement comprendre que mon travail occupait une trop grande place dans ma vie et que ça devenait obsessionnel. Je le sais, mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Je suis comme ça. J'aime ce que je fais, et je veux à tout prix aider mes patients. Peut-être trop pour lui, par contre. C'est vrai que je suis parfois distant. En tout cas, depuis la fois où il m'a fait part de ce qu'il jugeait de tout ça, j'essaie de faire attention. Pour moi, mais plus particulièrement pour lui.

* * *

Ah, enfin de retour à la maison. Je m'en suis presque ennuyé. Andreas a proposé de préparer le repas, tandis que je ferai mes valises. Il est vraiment charmant mon amour. Je me dépêche à faire mes bagages, pour ensuite profiter pleinement de la soirée qui nous reste avant mon départ pour la semaine. Ça s'annonce... chaud !?!

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_______________Salut mes lectrices préférées ^^'
_______________Comment avez-vous trouvé ce chapitre ?
_______________J'trouve qu'il ne se passe pas grand chose...
_______________Mais je peux vous dire que dans le prochain chapitre,
_______________Vous en saurez plus sur le passé de Bill !
_______________Merci pour vos commentaires !
_______________En commençant cette fic,
_______________Je ne pensais pas en avoir plus de 100 par chapitre !
_______________C'est grâce à vous ! Danke = )
_______________Je vous souhaite une bonne journée / soirée !
_______________BiisOus =3
_________________________© Arisa_*

Image: Aidan
© Alex Evans

# Posté le vendredi 02 mai 2008 15:52

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:41

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