À NOUS DEUXPremière PartieChapitre O8

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[ Bill ]

Ça y est. J'ai parlé au Dr Strauss de Tom. En fait, je lui ai parlé du fait qu'il soit mon frère... Ce qui n'a pas semblé le dégoûter. Tant mieux. S'il fallait que je dégoûte mon propre psy ! En tout cas... Ça n'a pas été facile de lui raconter ; j'ai encore pleuré. Je ne lui pas tout dit par contre. Il reste encore à parler du groupe et de la raison de notre ''séparation'' à Tom et moi. Je ne voulais pas tout dire en même temps. Pour ne pas le traumatiser – bon d'accord, c'est bête comme excuse... il en a vu d'autres et je le sais – et aussi pour éviter de trop me replonger dans mes sombres souvenirs. Pour le moment, je suis étrangement serin, mais je n'irais pas jusqu'à dire joyeux. Je ne veux pas gâcher ça pour quelques souvenirs que je n'ai pas mentionnés. Mais d'autre part il s'agit quand même de Tom. Celui que j'aimais, que j'aime et que j'aimerai. En me voilant la face et en ne voulant pas parler de lui, c'est une partie de Tom que j'oublie, en quelque sorte. Et ce n'est vraiment pas ce que je cherche à faire. Je lui ai promis...

• Flash Back •

« Pourquoi tu pleures Billou ?
– Je... Tu sais, quand papa est parti...
– Oui ?
– Il nous avait demandé de lui garder une petite place à l'intérieur de nous-même... Tu t'en souviens ?
– Ça m'arrive d'y repenser.
– Moi j'y repense souvent... Mais aujourd'hui, je me rends compte que j'ai de plus en plus de difficulté à me rappeler de son visage. Ça fait plus de deux ans que nous ne l'avons pas vu. J'ai peur de l'oublier...
– Peu importe si tu te souviens de lui physiquement... l'important, ce sont les bons moments que tu gardes dans ton c½ur.
– Merci... Tomi ?
– Oui ?
– Tu ne m'oublieras pas toi ?
– Non. Jamais. Tu resteras toujours dans mon c½ur.
– Toi aussi Tomi. Je te le promets. Il restera toujours une partie de toi en moi.
– Pareil pour moi.
»

• Fin Flash Back •

Je me rappelle de cette journée. Nous avions tout juste dix ans. Déjà, à cette époque, nous étions très proches, quoique nous l'avions toujours été. C'était une belle journée d'été. J'avais commencé à m'angoisser et à pleurer tout seul parce que Maman nous avait annoncé qu'elle allait se remarier. C'était pour ça que je me sentais mal, je ne voulais pas remplacer papa. Mais au fond, je n'aurais jamais pu le remplacer. Chaque personne occupe une place différente dans notre vie, de manière à ce qu'aucune d'entre-elle ne puisse être remplacée par une autre. Contrairement à ce que certains pensent, on ne peut jamais remplacer quelqu'un. On peut l'oublier un moment, mais il restera toujours une partie d'elle en nous, qu'on le veuille ou non.

* * *

Il fait maintenant jour, et ce jeudi s'annonce des plus ensoleillés. Je n'ai pas trop envie de me lever, j'étais bien dans mon lit. Même si j'ai encore rêvé à Tom et que ça me perturbe, comme toujours, je dois dire qu'emmitouflé dans ma couverture j'étais parfaitement détendu. Mon réveil-matin sonne de nouveau, me rappelant qu'il me reste une heure pour me préparer et avaler mon petit-déjeuner, tout ça avant d'aller rencontrer le Dr Strauss. Je devrais m'activer puisque j'ai besoin d'un minimum de temps pour tout faire !

* * *

Je dépose mon plateau sur ma table habituelle, au fond du réfectoire. Il n'y a jamais personne qui y vient, c'est pourquoi je m'y suis établi voilà bientôt trois mois. Je commence à manger tranquillement ; j'ai une demie-heure devant moi. Oui, ce matin j'ai fait vite dans la salle de bains. Il faut dire que j'ai diminué la quantité de maquillage que je m'applique depuis quelques temps, et j'ai aussi arrêté de coiffer mes cheveux tout en volume. J'ai adopté le look lisse, beaucoup plus simple et moins long à faire.

Quand je lève enfin ma tête de mon assiette – j'étais occupé à tartiner de nutella mon pain – je vois une jeune fille s'approcher de moi. Je ne l'ai jamais vue auparavant. Elle doit être nouvelle. Les gens qui sont ici depuis un moment savent que je préfère rester seul. Et de toutes façons, il y a bien assez places libres ailleurs. Ce que je pense ne semble pas trop lui effleurer l'esprit puisqu'elle vient vraiment dans ma direction. Elle semble un peu perdue, déroutée.

Fille : Hum... Je peux m'asseoir ?
Bill : C'est que... je... vas-y.
Fille : Merci. Je... je suis nouvelle ici.
Bill : Je sais.
Fille : Tu m'as vue arriver ?
Bill : Non. C'est juste que personne ne vient s'asseoir ici.
Fille : Ah. Je peux... m'en aller si tu veux.
Bill : Tu peux rester. Je... ça fait un moment que j'ai parlé à quelqu'un. Je veux dire... à part à mon psy.
Fille : Ça fait longtemps que tu est ici ?
Bill : Même pas trois mois.
Fille : À t'entendre parler, c'est comme si c'était terrible ici.
Bill : Ici ou ailleurs... c'est du pareil au même pour moi. Je n'ai plus rien à faire ici. Il n'est plus là... et mon esprit est parti avec lui. Tu sais... c'est comme si il ne restait plus que mon corps ici. À l'intérieur, ça fait au moins deux ans que... je suis parti.
Fille : Il ?
Bill : Oui. Mon frère, mon jumeau, ma... moitié.
Fille : Tu... Oh mon dieu. Tu ne serais pas par hasard...
Bill : Bill Kaulitz ?
Fille : Putain. Je... je suis désolée. Tu sais, j'étais une de vos grandes fans. La nouvelle m'a bouleversée... Et... Je m'appelle Mai.
Bill : Une fan ?
Mai : Oui. Une vraie. Et crois-moi, je ne te mens pas en disant cela. Je... je vous ai toujours aimé pour votre musique, et ce même avant de remarquer que vous étiez tous mignons.
Bill : Merci... Il en reste au moins une.
Mai : Évidemment. Mais... dis-moi... pourquoi est-ce que tu t'es retrouvé ici ?
Bill : Je... tu ne voudrais pas m'expliquer pourquoi toi tu es là d'abord ?
Mai : Si... si tu veux. Mais... je n'aime pas trop en parler.
Bill : Ce n'est jamais facile tu sais. Mais que tu le veuilles ou non, il faudra un jour ou l'autre en parler. Que ce soit à moi aujourd'hui, ou à un psy dans les jours à venir.
Mai : C'est certain. Sauf que... ça me met mal à l'aise. Je n'aime pas y repenser. Je suppose que c'est comme ça pour tout le monde...
Bill : Je n'en sais trop rien. Mais pour moi si.
Mai : Il... il y a deux ans, ma mère et moi avons emménagé chez mon nouveau beau-père. Elle... elle pensait qu'il était parfait... attentionné... drôle... beau... serviable. Tu sais comment de fois je l'ai entendue me venter ses qualités ?
Bill : ... souvent ?
Mai : Trop souvent. C'était trop beau pour être réel. Personne n'est parfait... et en effet, il n'a pas tardé à montrer son... son mauvais côté.
Bill : Il... je ne vois pas trop en fait.
Mai : Ma mère rentrait tard, elle travaillait de nuit. Alors j'étais seule avec... lui. Au début, il se fâchait contre moi pour un rien. Je me faisais constamment crier dessus.
Bill : ...
Mai : Puis il a commencé... il m'a frappé Bill... Encore et encore. Ça... ça ne finissait plus. À chaque soir.
Bill : C'est... horrible.
Mai : Puis il est venu un jour où il est rentré ivre. Tu sais ce qu'il a fait au lieu de m'asséner divers coups ? Il... il s'es approché de moi, un sourire pire que diabolique au visage. Il m'a pris les mains solidement. Je... je ne pouvais plus me sauver... Il était trop tard.
Bill : Il n'a... pas...
Mai : Il est monté sur moi... il m'a déshabillée puis il a... il m'a... il m'a violée.
Bill : Je... c'est... Je suis désolé Mai.
Mai : Ça... va. Il est maintenant derrière les barreaux. Mais moi je suis là... incapable de m'enlever cette image de l'esprit... C'est pour ça que je suis venue ici. Pour essayer d'oublier, de passer par dessus ça.
Bill : Ça va aller. Tu sais, je suis sûr que tu y arriveras.
Mai : Merci. Mais au fait... tu vas me raconter ton histoire ?
Bill : Je te dois bien ça. Tu connais le début. Tom est... mort ce jour-là. Moi j'ai sombré dans la tristesse. Ça a duré presque deux ans. Je ne sortais plus. Je restais cloîtré chez moi.
Mai : ...
Bill : Puis est arrivé le jour où j'ai franchi un point de non-retour. Je ne pouvais plus rien faire, j'étais carrément déprimé. J'ai décidé ce matin là d'en finir.
Mai : Oh...
Bill : Mais je ne savais pas que j'allais m'en sortir. Tu te souviens, dans les journaux, ils en parlaient. « Un accident de voiture grave pour le jeune Bill Kaulitz ». Tu sais quoi ? Ce n'était pas un accident. C'était... voulu.
Mai : Je... je m'en rappelle. Je ne pensais pas que...
Bill : Personne ne pensait. Tout le monde croyait que depuis le temps j'allais mieux. Mais ce n'était pas le cas. Aujourd'hui je ne pense plus au suicide, mais j'ai toujours aussi mal.
Mai : Je comprends. J'ai perdu ma s½ur il y a... deux ans.
Bill : Désolé... Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Mai : Elle... elle est partie. Quand ma mère s'est remariée, elle était majeure donc elle a préféré s'en aller. Et elle m'a abandonnée... C'est comme si elle était morte pour moi. Je n'ai plus aucunes nouvelles d'elle... Le pire dans tout ça, c'est que nous étions très proches.
Bill : C'est... vraiment dommage que vous vous soyez éloignées comme ça.
Mai : Je sais... Tout ça à cause de ce con que ma mère a épousé.
Bill : Mmh. Je... je dois y aller. C'est l'heure de ma séance avec le Dr Strauss.
Mai : Ok. On se revoit au dîner ?
Bill : Sûrement.

Contrairement à ce que je pensais, avoir un peu de compagnie fait du bien. Je me sens un peu moins seul. Elle est gentille. Et malgré tout ce qu'elle a vécu, elle garde le sourire. Je pense que je vais apprécier un peu plus mes repas ici, avec elle pour discuter. Outre le Dr Strauss, c'est la seule avec qui je peux vraiment parler sans me sentir jugé. Et ce même si on vient à peine de se connaître. J'aime les gens comme ça. On se sent tout de suite à l'aise avec eux, peu importe depuis combien de temps on les connaît.

* * *

La séance ne s'est pas tout à fait déroulée comme je le pensais... Le Dr Strauss avait un nouveau stagiaire qu'il m'a présenté. On a discuté un peu, histoire de lui montrer comment tout ça se passait. Puis il est parti, nous laissant le Dr Strauss et moi pour vraiment parler. Parce que je dois avouer que je ne me sentais pas trop à l'aise avec son stagiaire, M. Rosen. Bref, j'ai pu discuter normalement et sans gêne dès qu'il est parti.

Je ne sais pas si c'est à cause de ma rencontre avec Mai, mais j'étais un peu plus motivé à parler aujourd'hui. J'ai même expliqué à mon psychologue que j'avais un groupe et que nous étions célèbres. Mais lorsqu'il m'a demandé le nom du groupe, je suis resté bloqué. Je ne sais pas pourquoi. Sauf que je n'étais pas capable de dire ce foutu nom. Tokio Hotel, ce n'est pas si compliqué, non ? J'avais une boule dans la gorge. Comme si toute la peine que j'avais face à l'arrêt du groupe était resurgie soudainement. Est-ce que c'est parce que je n'avais pas encore dit « Tokio Hotel » depuis... deux ans ?

Je ne sais pas pourquoi, mais c'est aujourd'hui que je me rends compte que j'ai mis de côté pas mal de choses voilà maintenant deux ans. C'est vrai ; j'ai essayé d'oublier ce qui s'est passé avec Tom, j'ai tenté de me persuader qu'il n'y a jamais eu de Tokio Hotel, j'ai abandonné mes amis pour m'isoler... et puis quand mes vrais amis sont partis – soit sur un autre continent, soit rejoindre Tom – j'ai essayé de me faire croire qu'ils n'avaient jamais été là. Comme on dit, j'ai fui la réalité.

Maintenant, je crois qu'il est temps de faire face à tout ça. Pour moi, mais aussi pour ceux que j'ai essayé d'oublier. C'est la même chose qu'avec Tom. Ils ne méritent pas d'être mis de côté parce que tout ne s'est pas déroulé comme dans un compte de fées. Il faut que je me fasse une raison... et puis si ce n'est pas maintenant, ça sera un autre jour, forcément. On ne peut pas fuir la réalité éternellement, non ? Elle nous rattrape inévitablement un jour ou l'autre. Et pas nécessairement lorsque l'on est prêt à l'accepter. C'est un peu pour ça que je préfère voir la vérité en face maintenant. Je pense que je suis prêt. Enfin, pas complètement, mais ne l'est on jamais ?

Bill : Je suis Bill Kaulitz, ex Tokio Hotel. Mon frère Tom, qui était aussi mon petit copain, est mort accidentellement il y a deux ans. J'ai perdu mes deux meilleurs amis un peu plus tard ; l'un est parti en Amérique, l'autre s'est suicidé. Et puis il y a deux mois, j'ai tenté de m'enlever la vie en fonçant volontairement dans un arbre en voiture... à toute allure. Voilà la tragique « fin » du talentueux chanteur que j'étais autrefois.

Ça me soulage étrangement dire à voix haute et surtout directement tout ce qui s'est passé. C'est ma façon de faire face à la réalité.

- - - - - - - - - - - - - - - >8

_______________ Hallo !
_______________ Enfin le chapitre 8 ><
_______________ J'avoue que j'ai mis du temps à le poster =/
_______________ M'enfin. Je ferai mieux pour le prochain ^-^
_______________ Et sinon, vous aimez toujours ?
_______________ Je veux votre avis :)
_______________ Perso, j'aime pas trop ce chapitre et le prochain,
_______________ Mais après eux, ça va changer...
_______________ C'est un peu là que tout commence.
_______________ Je n'en dis pas plus, vous verrez par vous-même :)
_______________ (Edit) : Plus de problème, j'ai réécrit prochain chap' et là je l'aime x)
_______________ *Changement de sujet*
_______________ HS : J'ai recommencé l'école -_-
_______________ C'est pas super, j'suis déjà fatiguée et j'ai plein de devoirs (math!)
_______________ Et vous, ça se passe mieux ?
_______________ *Changement de sujet*
_______________ Peut-être que c'était à cause des vacances...
_______________ Peut-être que c'était parce que les derniers chapitres étaient moins bien...
_______________ Mais c'était désert ici pendant les deux derniers mois ><
_______________ On dirait que pas mal de monde a arrêté de lire...
_______________ M'enfin. Merci à celles qui sont toujours là <333 et à elle :)
_______________ On se retrouve au prochain chapitre ; )
_______________ Bisouuxxx
_________________________© Arisa_*

Image: Bill
© Prise ici

Ediit : Sortez le champagne, j'ai maintenant 200 amis XDDD

ReEdiit : OMG. Genre hier, je parlais avec ma soeur, et là elle me sort : « Ah pis, t'écris très bien. » Pas besoin de vous dire que j'étais O__O Et quand je lui demande pourquoi elle dit ça, elle m'explique qu'elle a trouvé l'adresse de ce blog en farfouillant dans mon cahier (sans autorisation... c'est toujours comme ça les petites soeurs --'). Donc, en résumé, elle a lu TOUT ce qui est sur ce blog. OMFG. J'suis sur le cul XD Nah mais sérieusement, quand je suis venue pour écrire après ça, j'étais comme bloquée, je me disais trop « Gott, faudrait pas que j'abuse, si elle lit ça [...] » Puis, finalement, je me suis dit tant pis, j'peux pas l'empêcher d'aller sur l'ordi tant que ma fic n'est pas terminée ! Si j'ai à mettre des lemons, je les mettrai quand même, quoique ça fait bizarre de penser qu'elle pourrait lire ça ôO. M'enfin. (Ça a un peu perturbé ma soirée d'hier u.u' Je pense que j'aurais préféré ne pas le savoir XD)
[ Là, TOI qui est en train de lire ça, j'ai juste une chose à te dire : Du bist BAKA. è_é - Pour les autres, cherchez pas à comprendre XD ]

Vote pour moi ici :)

# Posté le jeudi 11 septembre 2008 19:24

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:44

À NOUS DEUXPremière PartieChapitre O9

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[ Aidan ]

Toc toc toc.

Aidan : Oui ?
M. Hoffman : Nous pouvons entrer ?
Aidan : Bien sûr.

Mon patron ne met pas de temps avant d'ouvrir la porte, cependant pas assez pour que j'entrevoie le visage de mon futur stagiaire. On dirait presque qu'il le fait exprès. Mais je sais bien que c'est impossible. C'est seulement mon imagination qui fait des siennes. Vous savez, quand vous attendez un moment avec impatience ? Les secondes semblent toujours durer des heures... C'est aujourd'hui mon cas. Et je dois avouer que c'est plutôt désagréable. J'ai hâte de savoir qui est mon stagiaire, et s'il s'agit oui ou non de...

M. Hoffman : Aidan, je vous présente M. Rosen.
Aidan : B-bonjour... M. Rosen.
M. Rosen : Oh, vous pouvez m'appeler Ryan.
Aidan : Euh, oui, bien sûr.
M. Hoffman : Bon, je vais vous laisser faire connaissance. S'il y a quoi que ce soit, je serai dans mon bureau. Bonne journée !
Ryan : À vous aussi, monsieur.

Un seul mot me vient en tête à cet instant : comment. Oui, c'est vrai. Comment est-ce possible ? Je veux dire, il était au Japon il n'y a pas si longtemps, et maintenant, il est de retour en Allemagne, qui plus est dans mon bureau pour je ne sais quel stage. Je me sens un peu mal. Mais pas pour les raisons que vous pensez.

Il y a quelques années de ça, Ryan et moi formions un couple. Pas ce qui était des plus sérieux, ni des plus amoureux en fait. Nous étions ensemble, mais c'était plus un grand mot que d'autre chose. Baiser tous les deux dans chacune des pièces de mon appartement quelques fois par semaine aurait été un terme plus juste pour décrire notre relation. Il allait voir ailleurs, moi aussi. Mais nous ne revoyions jamais les mêmes mecs plus d'une fois. Sauf, bien entendu, l'un d'entre nous. C'était la seule et unique chose qui nous liait. Nous nous étions habitués à cette vie et elle nous convenait. Pas – trop – d'engagement, juste ce qu'il faut pour dire que nous étions ensemble. Comme un contrat, en fait. Lui venait chez mes parents lorsqu'ils demandaient à voir mon copain – ils m'avaient presque engueulé avant que je rencontre Ryan parce qu'ils estimaient qu'il était temps pour moi de me caser – et moi, en échange, je l'accueillais dans mon appartement quand bon lui semblait, pour faire certaines choses et d'autres.

Ce n'était pas dur à respecter comme entente. C'était même étonnamment simple, pour un couple. Mais lui, il avait trouvé le moyen de tout faire foirer. Vous allez me dire que notre plan était voué à l'échec dès le départ... Avec le recul, je le comprends moi aussi. Mais à l'époque, j'y croyais. Ryan non. Il avait trouvé le moyen de violer la seule règle que l'on s'était fixée. Ne pas revoir son coup d'un soir. Jamais. Peu importe les circonstances. Mais Ryan, entêté comme il était, avait décidé de le revoir. Et peu de temps après, il partait au Japon avec Brendon. (C'est fait exprès qu'il s'appelle Brendon... RYDEN !! XD)

Aujourd'hui, je ne lui en veux pas. La seule chose qui m'irrite, c'est qu'il ose se pointer ici en souriant bêtement comme si de rien était. On dirait qu'il pense qu'il peut venir faire son stage ici tranquillement, comme si nous ne nous étions jamais rencontrés. Comme si rien ne s'était jamais passé.

Ryan : Aidan ?
Aidan : Pour toi c'est Dr Strauss.
Ryan : Mmm, bien. J'adore les docteurs.
Aidan : Ne joue pas à ça avec moi, tu veux ?
Ryan : D'accord. À ce que je vois, tu n'es plus le même Playboy qu'avant, hein ?
Aidan : Les gens évoluent, Ryan.
Ryan : Sauf moi. Je suis l'exception à la règle...

Il referme la porte, puis s'approche un peu plus de mon bureau. Moi, je suis toujours derrière celui-ce, assis sur ma chaise. Ryan contourne le meuble, puis il vient se poser devant moi. Il a même abaissé sa tête pour me regarder droit dans les yeux. Si je ne le connaissais pas assez bien, je dirais qu'il est sur le point de m'embrasser. Mais je sais qu'il a quelque chose à dire.

Ryan : Je sais que tu n'as pas changé, toi non plus. Tu es toujours le même Aidan au fond.
Aidan : Non, je ne suis plus comme avant. Je ne suis plus celui qui n'est pas sérieux, qui se fout de tout et qui pense seulement à sa petite personne. J'ai changé. Et tu devrais faire la même chose.
Ryan : Ne compte pas sur moi pour devenir une petite-femme modèle. Pas comme toi ou, enfin, ce que tu essaie de me faire croire que tu es devenu. On ne peut pas renier sa vraie nature.
Aidan : C'est là que tu te trompes. J'ai maintenant un travail sérieux, une maison et un copain. Ce n'est pas renier ma nature – d'ailleurs, qui t'as dit que je suis vraiment comme celui que tu as connu avant tout ça ?
Ryan : Je le sais, c'est tout. Il n'y a que toi qui ne s'en est pas encore rendu compte.

Ryan rapproche dangereusement son visage du mien, puis capture mes lèvres. Je le laisse faire, trop abasourdi par ce qu'il vient de faire ou peut-être par ce qu'il vient de dire. Et si c'était vrai ? Non. C'est ridicule. Tout comme sa langue qui vient goûter mes lèvres ou encore sa main qu'il fait glisser sur ma nuque. Ridicule. Ça n'a aucun effet sur moi. Il me rappelle seulement comment c'était avant. Il n'a pas changé, c'est vrai. Toujours aussi doué. Tou... quoi ? J'ai dit doué ? Merde. Peut-être que, finalement, ça me fait quelque chose de le sentir tout contre moi. C'est tellement mal. Mais tellement bon.

Vous allez penser que je ne suis qu'un pauvre con qui profite de la situation parce que je laisse la langue de Ryan entrer dans ma bouche et jouer délicieusement avec la mienne et que je ne le repousse pas. Vous allez penser que je ne suis qu'un salaud parce que je profite du fait qu'Andreas n'est pas là pour laisser Ryan s'asseoir à califourchon sur moi, toujours en étant sur ma chaise. Vous allez penser que... je suis un sale égoïste. Et vous avez raison. Je devrais le repousser. Vraiment. Pour lui, pour moi et pour Andy. Mais je ne le fais pas. Lui, après quelques minutes, décide de nous laisser respirer. Et par le fait même, il me fait réaliser ce qui vient de se passer. Je me sens mal.

Ryan : Alors, toujours aussi persuadé que tu n'es plus comme avant ? Que tu ne ressens plus les mêmes choses qu'avant ? Toujours aussi convaincu ?
Aidan : ...
Ryan : C'est ce que je pensais. Mais, tu sais, ce n'est pas vraiment grave. On peut faire comme avant...
Aidan : Non. Et ça, j'en suis sûr.
Ryan : Vraiment ?
Aidan : Oui. Ce que l'on vient de faire, ça ne veut rien dire. Tu ne sais pas ce que tu veux, et moi, j'ai eu un moment d'égarement. Alors on va en rester là.

Toc toc toc.

Ryan : ... Pour le moment.
Aidan : Arrête. C'est l'heure de la séance de l'un de mes patients. Essaie de bien te tenir, ne serait-ce que pour lui. On en reparlera plus tard.
Ryan : Mm.

Aidan : Entrez.

* * *

Eh bien. Que dire ? Une journée vient de passer, et c'est certainement une des plus étranges que j'ai vécues. Heureusement pour moi, j'avais des séances toute la matinée ainsi que l'après-midi, ce qui m'a permis de ne pas me retrouver seul avec Ryan. Simple précaution pour ne pas que ce qui s'est produit se matin ne recommence. Même en ce moment, je ne sais pas ce qui m'a pris. J'aurais du le repousser. Peut-être était-ce parce que je m'ennuie de la présence d'Andy à mes côtés, et qu'il y a comme un vide ici ? Oui, ça doit être ça. Je cherchais une certaine présence. Histoire de ne pas me retrouver encore une fois seul. Je sais très bien que travailler ici était mon choix. Mais certains jours, je me demande si je ne serais pas mieux de retourner avec Andreas et trouver un boulot à proximité de notre maison. Je... m'ennuie. Et je m'en veux terriblement pour ce matin.

Ryan : Hey, Aidan ?!
Aidan : Quoi ?
Ryan : Je disais qu'on était maintenant seuls et que la journée de travail était terminée... Plus de patients à écouter, seulement toi et moi.
Aidan : Hum, oui. Mais je dois y aller. Tu fermes le bureau à clé hein ?
Ryan : Je...
Aidan : Merci.

Voilà. Je claque la porte sans me retourner. M'éclipser était plus simple que je me l'étais imaginé. Maintenant, direction ma chambre. Je vais aller prendre une bonne douche et préparer ma valise. Avec tout ce qui s'est passé aujourd'hui, j'en avais oublié mon retour à la maison pour le week-end. On est déjà vendredi. Enfin. Et puis, plus de Ryan pour deux jours. Je vais pouvoir profiter de ce temps avec Andy. J'ai déjà hâte de le revoir. Mais je dois lui dire. Même si je sais qu'il va se fâcher. Je ne peux pas lui cacher ça, ni rien d'autre d'ailleurs. On s'est juré de ne pas se faire de cachettes, même si ça impliquait de dire des choses qui pourraient blesser l'autre, comme dans mon cas maintenant.

Bon, je prends ma valise et la remplit rapidement. C'est presque rendu automatique pour moi. Je l'ai fait assez de fois pour savoir où toutes les choses que je dois prendre se trouvent, et pour pouvoir tout emballer en un temps record. Bref, j'ai maintenant presque fini. J'ai mis de côté les quelques vêtements que j'enfilerai en sortant de la douche. Je pense que je n'ai rien oublié. Mais je verrai ça plus tard. C'est l'heure de la douche ! Je veux être tout beau pour Andy. Et je dois me dépêcher, il ne me reste plus beaucoup de temps. C'est partit.

* * *

Me voilà sur la route, avec moins de cinq minutes à faire avant d'arriver à la maison. J'avoue que j'appréhende le moment où je vais parler à Andy de ce qui s'est passé avec Ryan... Mais j'ai trop hâte de le voir pour que ce simple problème me donne envie de rebrousser chemin. Non, vraiment, je pense que tout ce qui s'est passé ce matin était une erreur – que je ne commettrai pas une autre fois. Je m'en veux quand j'y repense. Et je sais que toute la journée je n'ai pas cessé de le répéter, mais c'est que je le pense vraiment.

J'arrive dans notre rue. Mon petit c½ur bat de plus en plus vite... Je me gare dans l'allée, puis je descend de la voiture pour aller prendre ma valise et me diriger vers la maison. Encore une fois, je ne sors pas ma clé et préfère toquer à la porte. Elle s'ouvre rapidement, et je peux enfin apercevoir Andreas. Il est magnifique – et le mot est faible. Pantalon noir, polo rose. C'est mignon. Et puis le sourire qu'il me lance me fait totalement fondre. Pourquoi je ne suis pas encore dans ses bras déjà ? Ah oui, c'est vrai, il faudrait peut-être que je lâche ma valise – ce que je fais assez rapidement tout en entrant dans la maison, en prenant soin bien sûr de fermer la porte.

J'enroule rapidement mes bras autour de sa taille, puis je le soulève doucement pour venir l'accoter contre le mur. J'encre mes yeux dans les siens – pleins d'étoiles – et je viens l'embrasser tendrement. Comme ça m'avait manqué ! Et, honnêtement, rien à voir avec Ryan. Je n'ai aucun lien avec lui, tandis que pour Andreas, je l'aime, c'est certain. Reste à tout lui dire, par contre...

Ma langue vient caresser sa lèvre inférieure, demandant l'accès à sa bouche. Il met un certain temps avant de m'accorder le passage, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres. C'est qu'il veut me faire languir... Lentement, sa langue vient rejoindre la mienne. Elles se touchent, se goûtent, se redécouvrent. C'est tellement agréable. Je ne sais pas comment j'ai fais pour m'en passer toute une semaine ! Nous finissons tout de même par nous séparer, un peu à contre-c½ur. Andreas approche son visage de mon oreille, puis il vient y chuchoter quelques mots : « Tu m'as manqué, tu sais ? » Je lui réponds par un petit signe de tête avant de venir déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Il attrape ma main et m'attire vers le salon, toujours cet éternel sourire au visage.

Nous prenons place sur un canapé, moi assis bien droit, tandis que lui vient poser sa tête sur mes genoux. Je lui caresse les cheveux distraitement, sachant que le moment de tout avouer est arrivé. Le bon côté des choses, c'est que tout ça m'a permis de me rendre compte qu'il n'y avait qu'Andreas qui comptait pour moi. Mais le problème, c'est de trouver comment le lui faire comprendre. J'appréhende la discussion, et je ne sais pas trop comment aborder le sujet. J'ai déjà appris que, pour faire passer un commentaire négatif, il valait mieux commencer par énoncer un fait positif. Pourquoi ne pas essayer la technique ? Je n'ai rien à perdre... enfin non, c'est tout le contraire. Mais j'essaie de ne pas trop y penser pour le moment. J'abaisse mon visage à la hauteur du sien, puis je dépose mes lèvres sur les siennes. Je me retire ensuite en me relevant – assez pour ne plus toucher sa bouche, mais pas suffisamment pour ne plus sentir son souffle chaud contre mon visage. Une vraie torture. Mais je ne dois pas succomber ; je dois lui parler.

Aidan : Tu sais que je t'aime, Andy ?

Il me répond par un demi-sourire, les yeux brillants.

Aidan : Je t'aime plus que tout mon ange, quoi qu'il arrive.
Andreas : Moi aussi Aidan.
Aidan : Je... j'ai quelque chose à te dire.

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___________ Ahahah. *Ris toute seule* (Bonjour, premièrement !) Je disais donc : ahahah. C'est ___________ vraiment mort ici, hein ! 42 commentaires sur le dernier chapitre, un record XD Je ne suis ___________ pas en train de vous blâmer, au contraire... c'est un peu de ma faute aussi, les mises à ___________ jour ne sont pas trop fréquentes. M'enfin, ce n'est vraiment pas grave, tant pis pour celles qui ___________ ont arrêté de lire XD Et encore mon éternel merci à celles qui lisent ce message :) D'ailleurs, ___________ vous qui êtes toujours là, comment trouvez-vous ce chapitre ? Et la réaction d'Aidan ? Aurait-il ___________ du repousser Ryan avant / Le temps de réaction a-t-il été trop long ? Et, surtout, ça vous plait ___________ toujours ? *.* Je vous laisse, un autre chapitre m'attend !
___________ Bisous <3
_____________________© Arisa_*

Image: Ryan Rosen, alias Ryan Ross de Panic! at the Disco © Moodyone
** Pour la photo en lien (Andy) : Je sais, le rose du polo est un peu étrange...
mais c'est parce que je n'ai pas trouvé de photo avec un polo rose,
donc j'ai du colorer moi-même x) Mais bon, ça donne une idée générale...
@ Fic-yuri qui n'est plus fic-yuri mais j'ai oublié ton nouveau blog >< :
Je sais, j'avais promis une photo d'Alex XD Alors pour toi, clique ici :)

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# Posté le jeudi 02 octobre 2008 22:10

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:44

À NOUS DEUXPremière PartieChapitre 1O

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[ Bill ]

Vendredi soir. Je suis seul, dans ma chambre, à attendre patiemment que le temps passe. Qu'est-ce que je pourrais faire d'autre, de toute façon ? C'est comme ça à chaque soir. Je reste seul, et j'attend. Qu'est-ce que j'attend ? Je n'en sais rien. Peut-être qu'il revienne, inconsciemment. Ou que quelqu'un vienne me chercher pour que je quitte enfin cet endroit. J'ai bien conscience que je ne suis pas « guéri » et que je suis encore dépressif sur les bords. Mais j'aimerais que quelqu'un me sorte d'ici. Je n'y avais jamais pensé avant – peut-être parce que j'étais trop occupé à penser au passé et à ses funestes événements – mais aujourd'hui je me rends compte que le monde extérieur m'a manqué.

J'entends quelqu'un frapper à ma porte et je sursaute. Je ne sais vraiment pas de qui il pourrait s'agir. Personne ne vient jamais me voir. Je laisse enfin un timide « entrez » sortir de ma bouche, et la porte s'ouvre doucement. Mai.

Mai : Salut toi.
Bill : Hum, salut Mai.
Mai : Ça ne va pas ?
Bill : Non, c'est juste que je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un me rende visite à cette heure.
Mai : Il n'est que 19h, Bill.
Bill : Personne ne vient jamais ici...
Mai : Ah. Désolé.
Bill : ...
Mai : Mais bon, ce n'est pas l'heure de penser à ça. Je suis venue te changer les idées.
Bill : Merci, mais je ne pense pas que ce...
Mai : Oui, c'est une bonne idée. Allez, viens, on va aller marcher dehors.
Bill : ...
Mai : Je parie que tu n'es pas sorti depuis longtemps.
Bill : C'est... c'est vrai.
Mai : Bon, alors qu'est-ce que t'attends ?
Bill : Je... rien.
Mai : Parfait !

Elle me fait un grand sourire et me tire par le bras hors de ma chambre. Pendant un instant, j'ai oublié la fille de ce matin, celle qui avait peur et qui était angoissée. Parce que maintenant, elle a l'air de tout sauf déprimée. Je ne sais pas comment elle fait. Elle garde le sourire malgré tout ce qui s'est passé... J'aimerais faire de même. Mais j'ignore si j'en serais capable.

Sans que je ne m'en sois rendu compte, nous sommes déjà dehors. Il fait beau, le temps est calme. C'est étrange à dire, mais depuis que je suis ici, je ne suis jamais sorti dehors. Je n'avais pas remarqué le petit parc dans la cour arrière du Centre, ni l'étang entouré de quelques bancs. C'est plutôt joli.

Mai s'avance vers le bassin, et s'agenouille pour aller toucher l'eau de ses doigts. Elle fait une petite grimace qui signifie sûrement qu'elle est froide. Je vais m'asseoir sur un banc près d'elle. Mai reste assise sur l'herbe, contemplant les petits poissons qui se promènent dans l'étang.

Nous ne parlons pas tout de suite – je n'en ai pas envie, et nous sommes tous deux perdus dans nos pensées. Nous nous contentons de profiter de la belle température. Le soleil s'est couché il y a peu de temps, et on peut encore voir quelques rayons à l'horizon. C'est drôle comme j'ai l'impression d'être dans un autre monde. On dirait que les soucis n'existent pas, ici. Simplement profiter de l'instant présent...

* * *

Il est assez tard, je suis de nouveau dans ma chambre. Je n'arrive pas à fermer l'½il. Tout à l'heure, Mai et moi n'avons pas beaucoup parlé. Nous avons plutôt pensé, chacun de notre côté. Et maintenant, ce qui m'empêche de dormir, c'est justement l'une de ces pensées. « Simplement profiter de l'instant présent... » Ça ressemble drôlement à ce que Tom se répétait tout le temps ; Carpe Diem – vivre l'instant présent. Si... s'il était toujours là, je pense qu'il me le dirait. Il me dirait de tout oublier, d'avoir du plaisir et de profiter du temps qui m'est accordé. Mais le problème, c'est que je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à m'amuser sans penser à lui. Je n'arrive pas à profiter de tout et de rien sans penser à lui. Je n'arrive pas à tout oublier... je ne veux pas l'oublier.

Je veux que son visage reste gravé dans ma mémoire pour toujours, tout comme son odeur, la sensation de sa peau douce qui me caresse, ses bras réconfortants qui m'entourent, son souffle chaud qui effleure mon cou... Là, maintenant, les yeux clos, j'ai vraiment l'impression qu'il est avec moi. C'est comme si je revivais l'un des nombreux moments que nous avons passé ensemble. Je n'ose pas rouvrir mes yeux – de peur de le perdre encore une fois. C'est dans l'illusion de son corps tout contre le mien que je m'endors, serein.

* * *

Le soleil s'impose brutalement à mes yeux, et je n'ai d'autre choix que de les ouvrir et de me réveiller. Je n'ai pas tiré les rideaux hier soir, et voilà ce que ça donne. J'aurais pu dormir longtemps ce matin... c'est samedi et je n'ai rien de prévu pour la journée. Même ici, c'est le week-end. Congé de séances pour tout le monde – ou presque.

Après m'être retourné je ne sais combien de fois dans mon lit en essayant vainement de me rendormir, je décide de me lever. Je me dirige vers la douche, en accrochant au passage le coin de mon bureau. Aie. J'entre directement dans la cabine, puis je fais couler l'eau. Trop froid. Si j'espérais rester un brin endormi, c'est raté. L'eau fraîche achève de me tirer de mon sommeil. Je me lave rapidement, et j'attrape une serviette que j'enroule autour de ma taille. Je sèche mes cheveux et les brosse légèrement. Je ne branche pas mon lisseur ; j'aime bien la forme qu'ils ont – mi lisses, mi ébouriffés. Mais je prends tout de même le temps de cercler mes yeux de noir – on est Bill Kaulitz ou on ne l'est pas ! J'ai bien conscience que ces derniers mois je me suis légèrement négligé – d'accord, beaucoup – mais maintenant j'ai l'intention de me reprendre.

De retour à ma chambre, j'enfile un t-shirt noir à motifs blancs, puis un jean foncé tout simple. Ceinture noire avec quelques petits détails argentés, collier en cuir et chaînes, puis, pour terminer, quelques bracelets. Je l'ai dit, je veux à nouveau soigner mon apparence. Et j'ai toujours aimé en mettre plein la vue...

Mon ventre me tire de mes pensées et me signale qu'il est temps d'aller déjeuner. Je n'avais même pas remarqué qu'il était déjà midi... et zut, j'ai manqué le petit-déjeuner. Je les aime bien, moi, les crêpes de la cantine – c'est bien la seule chose que j'aime ici d'ailleurs.

* * *

Tiens, c'est étrange, je n'ai pas vu Mai ce midi. Elle qui est toujours – enfin, depuis hier en tout cas – prête à l'heure... Elle a du faire comme moi et dormir trop longtemps. Oui, c'est sûrement ça. Mais moi, pour l'instant, je ne sais pas trop quoi faire. Je... je pense que j'aimerais retourner à l'extérieur. C'était amusant hier. Et puis, peut-être que je vais la trouver là, qui sait.

Mes pieds m'amènent doucement à l'étang, suivant le même chemin qu'ils ont déjà parcouru précédemment. Je m'assois au même banc, et je contemple à nouveau le bassin. En plein jour, on peut facilement voir tout les petits poissons qui s'y promènent – encore mieux qu'hier. Ils sont jolis ; il y en a de toutes les couleurs.

J'étais tellement absorbé par ma contemplation que je n'ai même pas entendu arriver quelqu'un juste à côté de moi. Mais maintenant qu'il m'a salué, il m'est bien difficile de ne pas lui répondre et de l'ignorer comme j'ai l'habitude de le faire avec tout le monde.

Bill : ...'jour.
? : Tu... tu viens souvent ici ?
Bill : N-non, c'est la deuxième fois.
? : Moi je suis toujours là. Ils sont beaux, hein ?
Bill : Que... quoi ?
? : Les poissons... ils sont beaux.
Bill : Oui, c'est vrai.

Blanc. Il doit être comme moi et n'a probablement pas l'habitude de discuter... Mais il a quand même l'air gentil, enfin, je crois. J'ai perdu l'habitude de rencontrer des gens et de leur parler – moi qui était le porte-parole du groupe, autrefois. On dirait que je viens de découvrir quelque chose de génial, depuis hier. J'avais oublié ce que ça faisait de discuter de tout et de rien avec quelqu'un. Et ça, même si je ne la connais que depuis peu, je le dois à Mai et à sa bonne humeur.

Bill : Moi c'est Bill... et toi, tu t'appelles comment ?
? : ...Oliver.
Bill : Oliver... Est-ce que tu aurais vu une fille ici, ce matin ?
Oliver : Hum, oui, quelques unes...
Bill : Une blonde, pas très grande, assez joyeuse ?
Oliver : Non, je ne pense pas.
Bill : Okay, merci.
Oliver : À ton service...

Il me fait un petit sourire et mime le geste que les soldats font parfois pour dire « oui général ». Je me mets à rire devant son air peu crédible. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ri comme ça. Je me sens léger maintenant.

* * *

J'ai passé une bonne heure en compagnie d'Oliver à parler de tout et de rien, mais plus de rien qu'autre chose. Pas de discussion personnelle, juste du blabla à propos du temps, de ce qui se passe. Le genre de conversation que l'on a avec les personnes qu'on connaît peu, en fait.

Je sais qu'avec Mai ça a été tout le contraire... Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je me suis tout de suite senti à l'aise avec elle. C'était peut-être à cause de sa bonne humeur. Mais je sais qu'avec elle, je peux discuter de comment je me sens, parce que, mine de rien, elle me comprend assez bien.

En parlant de Mai, c'est étrange que je ne l'aie pas croisée de toute la journée. Hier c'était limite si elle sautait partout en me tirant le bras, et aujourd'hui, elle se cache on dirait. Je ne sais pas si je devrais m'inquiéter... Non. Tout compte fait, ça doit être normal. Après tout, elle vient juste d'arriver.

Il est l'heure d'aller manger, je descend donc à la cantine pour la deuxième fois de la journée. Une fois que j'ai mon plateau entre les mains – c'est salade et poulet ce soir – j'essaie de voir si Mai est attablée à quelque part. Mais je ne la vois pas. Bon, tant pis. Je vais m'asseoir à ma place habituelle : la table du fond.

* * *

Il est presque vingt-trois heures, et mes yeux se ferment d'eux-mêmes. Je vais me brosser les dents, me démaquiller et attacher mes cheveux pour ensuite mettre un jogging noir bien large – celui de Tom. Maman m'avait enlevé tous ses vêtements – il faut dire que je ne portais que ça lorsqu'il... nous a quittés –, mais j'ai réussi à garder ça et un t-shirt, heureusement. Je sais qu'elle n'a pas tout jeté, elle n'aurait pas osé parce que sans tout savoir, elle savait que je tenais énormément à lui... Non, elle a seulement tout caché à quelque part chez elle, pour mon bien il paraît.

Je me glisse sous les couvertures, et laisse mes yeux se fermer. Mes mains se posent sur mes cuisses, touchant du bout des doigts le tissu du jogging... comme il le faisait autrefois. J'ai presque l'impression que c'est lui qui me touche timidement, me faisant frissonner comme avant. Une larme se fraie un chemin contre ma joue et vient s'écraser sur l'oreiller. D'autres viennent la rejoindre, tandis que je m'endors peu à peu. Bonne nuit, Tom.

- - - - - - - - - - - - - - - >8

Voilà le chapitre 1O,
En espérant que ça vous plait toujours.
On entre peu à peu dans le vif du sujet...
Laissez-moi vos impressions (:
Bisous,

© Arisa_*

Image: Bill (Vêtements du chapitre)

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# Posté le lundi 20 octobre 2008 21:06

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:45

À NOUS DEUXPremière PartieChapitre 11

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« Je... j'ai quelque chose à te dire. » Chapitre 9

[ Aidan ]

Andreas : Je... je t'écoute.
Aidan : Hum... Bon. T-tu sais, mon stagiaire ?
Andreas : Oui, le nouveau.
Aidan : Exactement. En... en fait, je... je le connaissais.
Andreas : Ah oui ? Drôle de coïncidence. Mais tant mieux, c'est souvent mieux avec quelqu'un qu'on connaît.
Aidan : Eh bien... justement, ce... ce n'est pas le cas.
Andreas : ...
Aidan : Tu... tu te souviens de R-Ryan ?
Andreas : Ton... ex ?
Aidan : Oui. Il... c'est lui mon stagiaire.
Andreas : Ah... mais, hum, où est-ce que tu veux en venir ?
Aidan : C-c'est que... tu sais... il a toujours été... un peu...
Andreas : Dragueur ?
Aidan : Hum, oui. Et... et aujourd'hui... Non, avant... faut que tu saches que je ne savais pas du tout que ça serait lui mon stagiaire.
Andreas : Je le sais.
Aidan : Donc... A-aujourd'hui, il... il a fait comme il fait toujours, en fait.
Andreas : C'est-à-dire ?
Aidan : Il... ilm'aembrassésurmachaise.
Andreas : Quoi ?
Aidan : Il m'a embrassé... sur ma chaise.
Andreas : ...
Aidan : Andreas, je suis vraiment désolé. Je... je m'en suis voulu toute la journée.
Andreas : P-pourquoi... t'as fait ça ?

Il a enlevé sa tête de mes genoux, il est maintenant assis face à moi. Je passe mes mains sur mon visage, retenant quelques larmes. C'est tellement dur de le voir comme ça – on peut lire la déception dans ses yeux.

Aidan : J'ai pas v-voulu te faire... ça. Il s'est... jeté sur moi.
Andreas : T-tu aurais quand même pu... le repousser.
Aidan : Je... je sais. Mais... ça m'a pris un moment avant de réaliser.
Andreas : ...

Je vois ses yeux qui brillent – pas pour la bonne raison. Ils se remplissent d'eau, tout comme les miens d'ailleurs.

Aidan : T-tu sais ce que je me suis dit a-après ?
Andreas : ... non.
Aidan : Q-que j'avais fait une énorme erreur... et qu'il n'y a que toi que j'aime, Andy.
Andreas : ... Tu... tu aurais du t'en rendre compte avant. P-pas après l'avoir embrassé. C'est... trop facile.
Aidan : Je le sais... mais... j'ai fait une erreur.
Andreas : Oui... c-ça oui.

Il se lève du canapé, et je le vois s'éloigner. J'entends ensuite les marches de l'escalier craquer – il est monté dans la chambre.

Au plus profond de moi-même, j'espère qu'il me pardonnera. Je ne veux pas qu'il reste fâché trop longtemps... je ne veux pas le perdre à cause d'une erreur que j'ai faite. Mais d'un autre côté, il a bien des raisons de m'en vouloir. Ça, je le comprends. J'espère juste que la liste de mes bons côtés sera plus longue. Je m'en voudrais éternellement si je le perdais pour ça ; je l'aime tellement... Je ne sais pas ce que je ferais sans lui.

* * *

Aidan : Aie.

J'ouvre les yeux et je me rends compte que je suis sur le sol, à côté du canapé. L'explication la plus logique à cela est certainement que je m'y suis endormi un peu plus tôt et que je suis tombé... Pas très agréable comme réveil. Je préfère de loin lorsque Andy me réveille à sa façon. Mais j'ai l'impression que pour l'instant, je devrai m'en passer.

J'ignore quelle heure il est, mais à en juger par la couleur du ciel, il fait nuit – ou presque. Un coup d'½il à l'horloge accrochée au mur me confirme qu'il est vingt heures. Je n'entend aucun bruit provenant de l'étage, Andreas doit sûrement dormir, comme moi tout à l'heure. Je commence à avoir faim ; je me lève et me dirige vers la cuisine.

J'ouvre le réfrigérateur à la recherche de quelque chose à manger et j'attrape un reste sans trop regarder de quoi il s'agit – des pâtes je crois. Je mets le plat au micro-onde, et pendant que mon repas chauffe, je vais m'asseoir à la table de la cuisine. Un mot attire mon attention.

Parti au restaurant (avait déjà réservé...)

Et merde. S'il avait réservé une table au restaurant, ce n'est certainement pas pour lui seul... C'était donc ça, sa sortie. Je m'en veux encore plus d'avoir gâché cette soirée. J'aurais vraiment aimé y aller avec lui. Je me sens encore plus con maintenant.

Le bip du micro-onde me réveille ; je vais chercher mon plat et attrape une fourchette au passage. Je n'ai plus trop faim... mais bon, je dois manger un peu. Et ce n'est pas mauvais du tout. Andreas est vraiment bon cuisinier – contrairement à moi. Je me débrouille, mais sans plus.

* * *

J'ai un peu la tête qui tourne, je crois que je vais aller dormir – pour de bon cette fois-ci. Je monte lentement les escaliers, puis j'arrive dans notre chambre. Oh. Il... il y a des chandelles un peu partout, prêtes à être allumées. C'est si joli. Est-ce que j'ai besoin de dire une autre fois que je me sens mal, ou vous l'avez deviné ? Ce que je ressens à l'instant est indescriptible – entre le malaise et la déprime, je dirais. Il s'était donné tant de mal, et moi... moi j'ai fait une connerie.

J'entre dans la salle de bains et vais me passer un peu d'eau sur le visage. Je me brosse les dents, puis je retourne dans la chambre. Je me déshabille puis enfile un bas de pyjama bien confortable – un peu de réconfort dans tout ce grand malaise. Je vais m'asseoir au bureau, sans trop y penser. J'attrape une feuille qui traînait là et me mets à gribouiller quelques mots.

Je suis désolé & je m'en veux terriblement... je t'aime, Andy.

Banal, simple et convenu. Mais je le pense vraiment. C'est tout ce qui compte. Pas de grands mots qui ne veulent rien dire. Juste moi et mes sentiments. Sincèrement. J'espère seulement qu'il s'en rendra compte...

Je me lève, la feuille de papier entre les mains, et vais la poser sur la table de nuit d'Andreas. Je vais éteindre les lumières et je me glisse sous les couvertures. J'essaie tant bien que mal de faire le vide et de m'endormir, mais il n'y a qu'une image qui me revient sans cesse : le visage déçu d'Andy lorsque je lui ai dit. Ce n'est qu'après de longues minutes que le sommeil m'emporte enfin.

* * *

Nous sommes samedi matin, mon réveil-matin me tire brutalement de mon sommeil et, pour couronner le tout, j'ai un affreux mal de tête. C'est une journée ordinaire qui s'annonce, je pense bien. En me retournant dans le lit, j'ai pu voir qu'Andy n'était pas venu dormir ici. Mais par contre, mon petit mot n'est plus là. Bonne chose, ou pas ? Je n'en sais rien pour l'instant.

Je me lève difficilement et me traîne jusqu'à la douche. J'entre dedans sans trop me poser de questions, encore trop endormi pour le faire. Mon bas de pyjama enlevé, je fais couler l'eau doucement sur ma peau. L'eau chaude me fait sursauter. La sensation de brûlure est électrisante. Je me dépêche pour me laver, je n'ai pas envie d'y passer la matinée – déjà que je suis un peu endormi et que je suis au ralenti ce matin... Une fois bien propre, j'attrape une serviette et me sèche convenablement. De retour à la chambre, je m'habille d'un jean et d'un t-shirt bien simple.

Mon ventre me rappelle qu'il serait temps d'aller manger quelque chose, et je descend à la cuisine aussitôt. Mais je ne me doutais pas que j'allais y trouver Andreas... Il est assis à la table, dos à moi, en train de lire le journal. Je ne le dérange pas dans sa lecture et je me dirige directement vers la cafetière me servir une tasse de café histoire de me réveiller un peu plus. Je vais m'asseoir à la table de la cuisine, en face de lui, à ma place habituelle. J'attrape le journal d'hier qui traînait là et je le pose devant moi. Andy lève les yeux vers moi, et lorsque nos regards se croisent, il m'adresse un petit sourire triste... mais pour moi, ça reste un sourire.

Pendant que j'étais en train de lire un article sur une nouvelle boutique qui ouvre en ville, un mot atterrit sur mon journal. Le mot. Celui que j'ai rédigé hier. Je relève les yeux vers Andy, intrigué – et curieux de savoir ce qu'il a à me dire à ce propos.

Andreas : Je...

Je le regarde dans les yeux et lui fait à mon tour un petit sourire, signe qu'il peut poursuivre et que je l'écoute.


Andreas : Tu sais, hier, quand tu m'as annoncé que tu as... embrassé Ryan... J-je... J'ai été déçu. Je m'attendais pas à ça, premièrement... Et ça m'a... blessé. Je... je pensais que j'étais le seul, tu vois.
Aidan : Mais tu l'es, Andy. J'ai... j'ai fait une grosse erreur, mais je n'ai jamais douté du fait q-que tu es celui que j'aime.
Andreas : Mmm...
Aidan : E-et moi... Je... T-tu m'aimes encore ou... j'ai tout gâché hier ?
Andreas : Aidan... C'est certain que je t'aime. Même si tu m'as blessé, je ne peux pas renier le fait que je t'aime de tout mon c½ur. Seulement... je ne sais pas si je suis... prêt à passer par dessus ça... J'ai peur que... J'ai peur d'y repenser, en fait. Et une infime partie de moi a peur que tu recommences, aussi. Même si je sais que tu ne le referas pas... enfin, je crois.
Aidan : Je peux te le jurer, Andy, que je ne recommencerai pas. Je l'ai fait une fois, et c'est amplement suffisant... C-ça a été amplement suffisant pour me faire remarquer que c'était la chose la plus... insensée et idiote que j'ai faite.
Andreas : La... la petite voix tout au fond de moi me dit que... je ne devrais pas te pardonner aussi rapidement. Mais... si je me fie à ça (il me pointe son c½ur), je sais que je n'ai pas envie de rester fâché trop longtemps parce que... je tiens trop à toi, tu vois. Même après ça, il... il bat tout aussi fort pour toi.

Je souris à l'entente de cette phrase – il y a de l'espoir, alors. Tout n'est pas perdu, et j'en suis heureux.

Aidan : Et toi, t-tu veux écouter quoi ? La petite voix... ou ton c½ur ?
Andreas : Je... je n'arrive pas à me décider.
Aidan : ...
Andreas : Peut-être parce que la réponse est évidente...
Aidan : ...
Andreas : Je... Je t'aime, Aidan.
Aidan : Moi aussi, je t'aime, Andy. Plus que tout.

Je me lève de ma chaise, et je contourne la table pour venir me poster en face de lui. Je me penche pour être à son niveau, et j'attends. Mes yeux s'ancrent dans les siens, et je sens sa main venir agripper mon menton. Il me tire légèrement vers lui, et je ferme doucement mes yeux. Mes lèvres se posent sur les siennes dans une infime douceur, comme si c'était la première fois. Nous restons quelques instants comme ça, simplement collés l'un à l'autre. Puis sa langue vient s'appuyer contre mes lèvres, et je laisse la mienne aller rejoindre la sienne. Je souris à travers notre baiser – ça m'avait tant manqué, d'autant plus que j'avais eu si peur de ne plus pouvoir goûter ses lèvres si délicieuses. Nous nous embrassons comme ça plusieurs minutes, voir des heures, je ne sais plus. J'ai perdu toute notion du temps, trop absorbé par mon amour que je viens de retrouver. Je l'aime, et c'est plus que certain.

On pardonne tant que l'on aime. »François de La Rochefoucauld

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_______________ Salut les miss (:
_______________ Quoi ajouter sinon que j'espère que ce chapitre vous a plu? ^^
_______________ On se revoit pour la suite!
_______________ Bisous
_________________________© Arisa_*

PS. Qui veut un lemon pour le chapitre 13 ? *MOii*
(Mais si vous n'en voulez pas, je peux passer! x')

Image: Aidan
© Alex Evans

Arisa-x

# Posté le samedi 25 octobre 2008 17:00

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:45

À NOUS DEUXPremière PartieChapitre 12

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[ Bill ]

Bill : Mmm, c-continue.

Bill : Haan.

Bill : T-toom.

Je me réveille en sursaut, le corps en sueur. J'étais en train de rêver, apparemment. Mais le réveil est plutôt cauchemardesque. C'était tellement réel... Je pouvais le sentir avec moi, toucher sa peau du bout des doigts, embrasser ses lèvres avec envie. Revivre tous ces beaux moments.

Le gouffre qui m'avait déchiré lors de sa mort s'était peu à peu refermé depuis deux ans, mais maintenant, c'est comme si je repartais à zéro. J'avais déjà rêvé de lui auparavant, et ça avait été difficile. Mais jamais autant qu'en ce moment. Là, c'est... douloureux. Vraiment. J'ai l'impression que je n'arriverai jamais à... j'allais dire l'oublier, mais vous savez autant que moi que ça m'es impossible. Dire que je n'arriverais jamais à guérir serait plus approprié, je pense. Quoi qu'il en soit, ce matin, je me sens de retour à la case départ, à mon plus grand malheur. N'arriverais-je jamais à me sortir de tout ça ?

J'entends toquer à ma porte timidement. Je me lève difficilement et passe à la salle de bain rapidement pour vérifier que je suis présentable... ça peut passer. Je vais ouvrir, et quelle n'est pas ma surprise de voir Mai ! Elle qui avait mystérieusement disparu hier, la voilà qui réapparaît. En fait, c'est peut-être une bonne chose qu'elle passe me voir. Elle pourra peut-être m'aider à me changer les idées. Et à essayer de passer à autre chose pour de bon, qui sait.


Mai : Bill, je peux entrer ?
Bill : ... Oui.

Elle entrouvre la porte doucement, passant sa tête dans l'entrebâillement, comme pour vérifier si elle peut vraiment entrer. Puis, elle s'avance dans la chambre pour venir s'asseoir à l'autre extrémité de mon lit.

Mai : Bonjour. Désolé si je t'ai réveillé.
Bill : Non, ça va, je l'étais déjà.
Mai : Tant mieux alors. Parce qu'on a des choses à faire, aujourd'hui.
Bill : C-comme quoi ?
Mai : Sortir, aller profiter du soleil, tiens.
Bill : Je... je ne suis pas sûr que je veux sortir aujourd'hui.
Mai : Ça ne va pas très bien, hein ?
Bill : On peut... dire ça comme ça.
Mai : Quoi qu'il se passe, je suis certaine que d'aller te changer les idées à l'extérieur ne te fera pas de mal...
Bill : ... Peut-être.
Mai : Allez, viens.
Bill : Oui... Mais avant, est-ce que tu pourrais m'expliquer où tu étais passée hier ? Je me le suis demandé toute la journée. Je pensais que tu allais essayer de me sortir comme ce matin, mais je ne t'ai pas vue une seule fois...
Mai : J-je t'explique dehors, d'accord ?
Bill : Je n'ai pas le choix, j'imagine...
Mai : Exactement.

Elle me tire par le bras et essaie de m'emmener à l'extérieur de ma chambre. Mais je me rappelle en temps que je ne suis toujours pas habillé pour sortir... Je le lui fais savoir, puis elle me laisse aller à la salle de bain me changer et m'arranger un peu. Chose faite, nous passons à la cantine me chercher quelque chose à grignoter – elle, elle avait déjà mangé – et nous sortons enfin dehors. Le soleil m'éblouit quelques secondes, puis mes yeux s'habituent peu à peu à la vive lumière.

Nous allons nous asseoir sur un banc près d'un arbre, à l'ombre. Plus loin, j'aperçois une tête qui m'est vaguement familière – celle d'Oliver il me semble. Je vais finir par penser qu'il passe son temps dehors... Enfin, je suis tiré de mes pensées par Mai qui me lance un regard interrogateur.

Mai : Qu'est-ce que tu fixes comme ça ?
Bill : Oh, rien. Tu vois, hier je suis sorti pendant que tu n'étais pas là. Et j'ai rencontré ce gars-là. Oliver qu'il s'appelle.
Mai : Mmm, tu fais des progrès à ce que je vois... Je suis contente que ça aille un peu mieux.

Je lui souris tristement, elle qui n'est pas au courrant des événements de ce matin – chose que j'aimerais d'ailleurs garder pour moi. Mon interrogation d'hier me revient tout à coup en tête, et je m'empresse de changer de sujet pour pouvoir poser ma question.

Bill : Parlant d'hier, je me demandais... Où est-ce que tu était passée ?
Mai : Oh, ça... J'étais malade. Probablement un truc que j'ai mangé à la cantine.
Bill : Désolé... Ça va mieux maintenant ?
Mai : Oui, complètement !

La vitesse à laquelle elle me répond me laisse croire qu'elle me cache certaines choses. Mais je ne sais pas si je devrais lui faire part de mes interrogations... C'est vrai, je ne voudrais pas la perturber, d'autant plus que si elle me cache certaines choses, c'est probablement parce que ça lui est douloureux d'en parler. D'un autre côté, par contre, elle, elle me force à sortir, à me changer les idées, parce qu'elle sait que c'est bon pour moi. Alors je ne pense pas qu'elle m'en veuille de ne pas croire à son mensonge.

Bill : Tu es certaine que ça va mieux ?
Mai : Bien sûr, je te l'ai dit, c'était quelque chose que j'ai mangé qui m'a rendue malade.
Bill : C'est que... tu vois, j'ai beau être ici parce que j'ai tenté de me suicider et parce que mon jumeau me manque atrocement, je ne suis pas fou pour autant... Et je sais que tu me caches quelque chose.
Mai : Hum, on ne peut rien te cacher, hein ? Écoute... le truc, c'est que je ne voulais pas t'en parler pour ne pas te blesser.
Bill : Qu'est-ce que tu veux dire ?
Mai : Tu sais que j'ai perdue ma s½ur il y a quelques temps...
Bill : Oui.
Mai : Eh bien, ce que je ne t'ai pas dit, c'est que ça fait un moment que je fais des recherches pour la retrouver, parce que comme pour toi avec Tom, elle me manque.
Bill : Oh.
Mai : Et je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs, ou encore te rendre encore plus triste si je la retrouvais, moi.
Bill : C'est certain que ça me ferait quelque chose... Mais je ne suis pas égoïste à ce point. Je sais bien que c'est important pour toi. Je suis même le mieux placé pour le comprendre. Et si tu la retrouves, je vais être content pour toi, Mai.
Mai : Merci Bill.
Bill : ... Mais je ne vois pas le rapport avec ton absence d'hier.
Mai : Oh, ça. Pour mes recherches j'ai fait appel à une agence, et ils m'ont contactée hier. Ils disaient qu'ils avaient quelques pistes ; trois possibilités. Trois Sophia Meyer. Ils m'ont envoyé leurs coordonnées, et moi, hier, j'ai passé la journée à regarder le bout de papier sur lequel tenait trois numéros de téléphone.
Bill : Tu ne les as pas appelées ?
Mai : J'ai essayé. Toute la journée. Mais je n'en ai pas été capable. C'était dur. Je me disais que si aucune d'entre elles n'était ma s½ur... J'ai trop pensé, en fait. Et je n'ai finalement pas touché au téléphone.
Bill : Je comprends. Tu... tu n'étais pas prête.
Mai : Peut-être... Probablement.
Bill : Si... si tu veux que je t'aide, dis-le moi. Je peux rester avec toi quand tu vas appeler...
Mai : Merci. Mais ça ne sera pas aujourd'hui. J'ai besoin d'un peu de temps pour y penser. Je vais en parler au Dr Strauss demain, et ça m'aidera sûrement à prendre une décision.
Bill : Oui, c'est une bonne idée.

Elle me fait un petit sourire en coin, et j'aperçois la Mai joyeuse que j'ai connue il y a peu de temps. Celle qui n'a pas de soucis. Celle qui m'aide et qui me pousse à avancer.

Mai : On rentre ? J'ai faim.
Bill : Moi aussi. C'est l'heure du déjeuner.
Mai : Allez, viens.

Elle m'attrape la main de nouveau, et nous partons à l'intérieur pour continuer de parler tout en mangeant.

Toute la journée, nous discutons. On apprend à mieux se connaître, on se confie certains secrets de nos vies étranges. On se comprend, en fait.

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_______________ Ouf, j'ai enfin réussi à écrire ce chapitre x')
_______________ Je bloquais à un passage, et ça m'embêtait de ne pas pouvoir terminer !
_______________ Mais bon, c'est fait maintenant ^^
_______________ Le prochain chapitre sera plus facile à écrire,
_______________ C'est du côté d'Aidan, et il y aura un lemon =D
_______________ À part ça, comment avez-vous trouvé ce chapitre ?
_______________ Vous avez pensé quoi au début ?
_______________ Est-ce que je vous ai fait de faux espoirs de lemon avec Tom ? XD
_______________ J'espère que ça vous plait toujours...
_______________ Pour la suite, je vais essayer de l'écrire pour Noël :)
_______________ D'ici là, bonne dernière semaine de cours si vous finissez en même temps que moi =)
_______________ Bisous <3
_________________________© Arisa_*

Image: Bill & Mai (La voilà enfin celle-là XD)

# Posté le vendredi 12 décembre 2008 22:01

Modifié le dimanche 28 juin 2009 13:46